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À Qui Tu Téléphones ?

Homme téléphonant en montagne - Photo de Misho chachanidze: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/homme-appareil-photo-montagne-etre-assis-9375198/

 

— À qui tu téléphones ?

— À personne.

— Je vois bien que tu…

— J’écoute le courrier reçu.

— Tu écoutes le courrier ???

— Ben voui, mes e-mails, Internet, quoi.

— Ah, tu peux…

— Oui, il y a un service gratuit chez MachinTrucMuche qui permet d’écouter ses messages.

— Ah oui, et comment ça se passe ?

— Ben, y a une gentille dame, enfin plutôt une voix synthétisée qui lit les messages reçus.

— Cool, Raoul.

— Comme tu dis, Eddie…

 

*

 

J’apprécie les rencontres sur Internet… En fait, il y aurait beaucoup à dire sur ce sujet. C’est tout le contraire de la réalité ; on voit le contenu avant le contenant…

Je viens de recevoir un message d’une copine, dont j’ai fait la connaissance très récemment sur un forum d’écriture, et avec qui j’ai grand plaisir à discuter quotidiennement, de tout et de rien, particulièrement de passions que nous avons en commun, comme la peinture.

Il y a chez elle, des qualités que l’on trouve rarement chez la plupart des êtres que l’on peut croiser dans une vie ; je suis impressionné par sa générosité (j’ai rarement vu un tel désintéressement, hormis chez ma grand-mère) et aussi une grande humilité. J’aime ces gens qui restent en arrière, ceux qui cherchent l’ombre afin de dissimuler leur lumière ; ces gens qui, bien que conscients de leurs force et talent, estiment qu’il n’y a là, rien de vraiment exceptionnel et que, quand bien même, il y aurait, il n’y a pas de quoi en faire tout un fromage… Bon Dieu, ce que je les aime ! Il y a partout tant et tant de médiocres et passables qui s’affichent et s’étalent, que partager mots et sentiments avec eux, est un peu comme boire en pleine canicule, sous le chant strident de cigales, une menthe-à-l’eau bien fraîche…

Partager… il y a depuis quelque temps chez moi, un peu d’elle… et chez elle, un peu de moi… Nous avons échangé des tableaux.

Mais non, pas du tout… Je sais bien ce à quoi vous pensez, en lisant ces lignes… Eh bien non. Ce sentiment que j’éprouve n’en est pas !… C’est au-delà…

Cela dit, écouter ses mots, ici, chez moi, en pleine montagne, décuple mon plaisir.

Seule ombre au tableau (il en faut toujours une) : la voix synthétisée qui traduit les smileys par un rire franchement ridicule avec lequel même le Mozart dans Amadeus et Denise Fabre ne peuvent rivaliser…

 

Extrait du recueil : « L’Île, Il et Elle »…

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