Quittons l’hiver et tous ses maux Et reposons le tisonnier ; Espérons-le, ce renouveau, Ne soyons plus des prisonniers ; Sortons biner le potager Plantons caïeux d’ail et oignons, Avec en tête, une pensée : Reviens Printemps, tendre saison ! Ô vieux glaciers, brisez vos eaux, Grondez torrents, ruisseaux chantez, Roulez, coulez par monts et vaux, Il est grand temps de s’éveiller ! Étends ô Ciel, ta toile bleue Et toi, Soleil, de tes rayons, Brille, vainqueur, de mille feux. Reviens Printemps, tendre saison ! Ô ma Gaïa, que de ta peau Sortent couleurs, gloire et beauté. Iris, lilas, coquelicots, Toutes les fleurs sont invitées et attendues avant l’été, pour le grand bal des papillons. En attendant, oiseaux, chantez : Reviens Printemps, tendre saison ! Déesse Diane aux si beaux yeux Exauce cette incantation Et répétons de tous nos vœux : Reviens Printemps, tendre saison !
Assis dans l’escalier du jardin délaissé Où poussent les herbes et les coquelicots, Les cheveux dans le vent, le soleil sur la peau, J’écoute yeux fermés, la saison parfumée. Tourterelles et pies ne cessent de chanter — Dans l’air ensoleillé de ce matin si beau Qui appelle à la vie ainsi qu’au renouveau — L’harmonieuse chanson du bonheur retrouvé. Je me demande alors si moi aussi, un jour, Le cœur fleuri de joie et tressé par l’amour, Je donnerai des fruits au goût délicieux Car je n’ai à présent plus beaucoup de racines Et le temps m’est compté, la douleur m’assassine. — Puissent mes doigts, enfin, créer le merveilleux !