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Nuages

Femme triste - Photo de Pixabay: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/femme-regardant-la-mer-tout-en-etant-assis-sur-la-plage-247314/

Parfois, soudainement, elle s’éteint… J’essaie alors de savoir ce qu’il se passe ; elle me dit qu’il n’y a rien, qu’elle va bien… Je n’aime pas ces moments-là où je me sens impuissant ; j’ai souvent, dans ces cas-là, la tentation de la laisser seule, mais me sentant coupable, me dis que j’ai une attitude égoïste ; alors, par solidarité, je reste dans cette ambiance malaisante.

Je ne peux lui en vouloir ; de mon côté, il m’arrive aussi par moment d’être d’humeur chagrine ; bien sûr, elle le devine aussitôt et lorsqu’elle m’en demande la raison, je fais de même en me fermant.

Je pense que ces nuages sombres qui nous traversent chacun proviennent de nos blessures passées… De mon côté, une histoire inachevée, dont je n’arrive pas à faire le deuil, revient souvent me hanter dans mes rêves, surtout depuis que nous sommes ensemble… Peut-être en est-il de même pour elle et est-ce la raison de nos silences respectifs…

 

*

 

Même si l’on s’entend bien et que l’on a plaisir à être ensemble, au bout d’un moment, chacun doit découvrir le monde de l’autre, et c’est ainsi que bien souvent se créent les premières dissensions ; l’entourage proche venant interférer.

Du fait d’une différence d’éducation, de valeurs, chacun entre en compromission afin de ne pas blesser et perdre l’autre ; on prend sur soi, on se crée un masque de coolitude, on retient des émotions qui, ne pouvant s’exprimer, s’impriment dans nos corps, nous rendant, à terme, malades.

Oui, je tolère ton chien qui ne nous laisse aucune intimité, tes enfants qui nous dérangent, ne te respectent pas et le fait que tu n’apprécies pas ma mère !

Tous ces petits tracas sont de petits pépins amers dans la pomme de l’amour. Plus tard, bien plus tard, on tire une leçon de tout cela ; on comprend qu’il faut d’abord se respecter, s’aimer, se prioriser… puis partager, sans le trahir, ce auquel on croit.

 

*

 

Avec le temps, la tolérance s’épuise et nous ne finissons pas les week-ends ensemble… Quand ce n’est pas elle qui part en pleine nuit de chez moi, c’est moi qui m’enfuis de chez elle…

Même si je suis énervé par ce qui a pu se passer, je ressens, à chaque fois, un immense soulagement, mais plus tard, apparaît alors un sentiment de culpabilité ; j’ai l’impression d’être trop soupe au lait… Je me dis que je dois mettre de l’eau dans mon vin… J’ai cette croyance que l’amour fonctionne ainsi, qu’il est finalement nécessaire de sacrifier une part de soi-même à son couple…

 

*

 

Il y a un temps de bouderie, où l’on rumine sur ce qu’il s’est passé ; on se dit que l’on a bien fait et que finalement, seul, on est mieux… puis, subrepticement, les moments de soleil remontent à la surface : la rencontre, les instants passés ensemble à découvrir, s’émerveiller, dessiner, peindre, créer, s’aimer… La dépendance affective nous fait sentir incomplets… et l’on a envie de recontacter l’autre… L’ego, notre protecteur, agite alors notre fierté : « Ce n’est pas à toi de faire cela, c’est à elle, c’est sa faute ! »… Cœur et mental, une fois de plus, s’affrontent… De part et d’autre, la souffrance est si grande qu’à un moment donné, l’un des deux cède et reprend le chemin de l’autre avec tout l’amour qu’il a emmagasiné dans son espace de solitude…

 

Extrait du recueil : « L’Île, Il et Elle »…

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