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Fanny

Jeu de boules - Image par Jacqueline Macou de Pixabay

Plusieurs fois j’avais observé ce rituel. À la fin d’une partie de boules, éclataient rires et moqueries de toutes sortes… puis les hommes criaient : « Fanny ! Vous êtes Fanny !… On a gagné ! Ils sont Fanny ! »… Un homme partait alors, en courant vers le bar pour en revenir peu de temps après, portant sous le bras, une sorte de planche recouverte d’un tissu noir.

Un cérémonial commençait alors. Les vaincus, même s’ils étaient moins de vingt, se mettaient alors en file indienne devant le porteur de planche – et parmi eux souvent Papa… Ensuite, chacun à leur tour, ils levaient le voile noir, embrassaient la planche sous les quolibets et rires des vainqueurs. Ceci dit, eux aussi riaient de bon cœur.

À chaque fois que j’essayai de m’approcher pour voir et surtout comprendre la cause de cette hilarité générale, ils m’éloignaient en riant de plus belle.

Un après-midi où il n’y avait pas grand monde, je passai derrière le comptoir, fouillai et trouvai la fameuse planche… Mon cœur battait fort, car j’allais enfin connaître le grand secret des grands… À mon tour, je soulevai le voile noir et aperçus une jolie fille nue, souriante… avec la plus belle et généreuse paire de fesses que j’aie jamais vue de ma vie…

 

Extrait du recueil : « Mini-Malles, Instants d’Années »…

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