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S.V.P.

Sans abri - Image par paulaquiyahora de Pixabay

Un samedi soir de novembre, vers dix-neuf heures. Depuis ce matin, la pluie ne cesse de tomber. À la sortie de l’église, j’attends ma mère. J’ai oublié de prendre un bouquin, alors pour tuer le temps, je fais les cent pas sur le trottoir. Dans une porte cochère, à cinq mètres de moi, j’aperçois des sacs-poubelles, un gros tas de vieux tissus et un tabouret ; je me dis : « Les gens sont vraiment dégueulasses… Même pas la force de faire dix mètres pour aller jeter leurs saloperies ! » et comme je suis un grand fouilleur de poubelles devant l’Éternel, j’ajoute : « Tiens, il est pas mal du tout, ce tabouret ! »…

Je m’approche pour le regarder d’un peu plus près, quand j’aperçois un visage aux cheveux blancs ; le gros tas de tissus est en fait un vieil homme qui dort sous des couvertures ; les sacs-poubelles sont ses affaires et sur le tabouret il y a une tasse et un bout de papier sur lequel est marqué : « S.V.P. »…

 

Extrait du recueil : « Yeux Fermés »…

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Celui

Je suis un coquelicot sous le soleil Je suis celui qui siffle en marchant Je suis celui qui sourit à des inconnus dans la rue Je suis celui qui reçoit le message d’un ami perdu de vue Je suis des verres partagés entre amis Je suis celui qui offre et reçoit des petits cadeaux Je suis la joie.

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