(Saynète)
Raymond le cornichon :
— J’ai beaucoup trop grossi, ça va tourner vinaigre ;
Il va me ramasser, dès qu’il m’apercevra.
Edmond le cornichon :
— Ne t’en prends donc qu’à toi, il fallait rester maigre.
Raymond le cornichon :
— Avec un peu de chance, il ne me verra pas ;
Je finirai concombre et beau comme un camion.
Sanzana la Tomate :
— Oh là ! là ! Quels couillons, ces cucurbitacées !
Ce que vous nous gavez avec vos réflexions.
Raymond le cornichon :
— Hé, les solanacées, vous allez y passer !
Vous aussi, votre tour va venir, imprudentes,
Vous passerez au rouge et puis disparaîtrez.
Edmond le cornichon :
— Faites donc les fières, jouez les impudentes.
Bientôt vous finirez en sauce ou en salade.
Raymond le cornichon :
— T’as raison ! Ou alors toutes déshydratées.
Alambra (seconde tomate) :
— Laisse coulis, Sanzana, ce sont de grands malades !
Albertine l’aubergine
— Calmez-vous les amis, laissez-les donc parler.
Ces grossiers légumes qui viennent de Paris
Se croient chez nous ici, comme en pays conquis
Agités du bocal ! Têtes de condiments !
Edmond le cornichon :
Nous vous retournons bien les mêmes compliments.
Simon le poivron :
On peut avoir la paix ? C’est pas trop demandé ?
Profitons du soleil et de ce bon air frais,
Car de toutes façons, Jehan nous cueillera
Où bien nous finirons, bouffés par de gros rats.
Extrait de « Le Potager en Folie »…

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