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Articles

Affichage des articles du août, 2024

C'est Reparti !

Après la parution du recueil : « L’Île, Il et Elle » que j’ai porté durant de nombreuses années, j’avais pensé que j’arrêterais d’écrire pendant un certain temps… mais le conscient ne dirige rien, chez moi, c’est l’inconscient qui, à présent, commande… Et c’est ainsi que je me retrouve à écrire la suite d’une ancienne nouvelle : « Folklore » qui se déroule en Irlande, dans les environs de Ballyshannon, et devrait s’appeler : « La Banshee de Mermaids Cove ». Je me demande si l’origine de ceci n’est pas l’affection que j’avais éprouvée pour l’un de mes personnages : Liam, un guide et surtout un conteur remarquable des légendes irlandaises… Bien entendu, j’aime bien aussi Jean, mais comme il est assez proche de moi, il ne m’attire pas autant… Liam, lui, me surprend toujours… Lorsqu’il s’exprime, on ne sait jamais s’il plaisante ni ce qu’il pense vraiment… Il brille autant par ses mots que ses silences. De nouveaux personnages vont les rejoindre, et d...

Dégradation

En seulement douze mois d’armée, j’ai réussi à être dégradé. J’ai commencé à l’État- M ajor avec un stylo pour me retrouver ensuite au Foyer avec un décapsuleur et pour finir, on m’a affecté au Service Général avec un balai… Et pour terminer, malgré la prolongation légitime à laquelle ma mauvaise conduite me donnait droit, on a tenu à ce que je rentre chez moi… Très courte, ma carrière militaire !   Extrait du recueil : « Mini-Malles, Instants d’Années »…

Écrire ou pas ?…

Derrière les yeux éprouvés, au clair de nos lunes blessées, repose ce secret étouffé par le bâillon des années… Les jours ont recouvert de poussière ton visage et dénoué mes liens… Écrire ou pas ?… Le regard masqué par les mains fières de l’ego, malgré l’attraction sacrée, tu hésites entre deux épées… Ne tarde pas, petite lionne électrique, dans mon cœur, l’écho frais des promesses d’une montagne aimée retentit déjà…   Extrait du recueil : « En Silence »…

Carnaval des Enfants

Carnaval des enfants — jamais vu autant de petites fées !   *   Carnaval des enfants — la maîtresse est vraiment une sorcière !   *   Carnaval des enfants le petit roi obèse me tire la langue.   *   Carnaval – le dialogue des percussionnistes.   *   Du carnaval ne restent que des confettis.   Extrait du recueil : « Yeux Fermés »…

L'Agent du Fisc

L’agent du fisc était venu lui réclamer ses impôts en retard il le défenestra. Il prit cinq ans ferme.   MORALITÉ : Il ne faut pas jeter l’agent par les fenêtres   Extrait du recueil : « Yeux Fermés »…

Presque Minuit

Presque minuit pissant dans le pré une étoile filante Aucun vœu — déjà si heureux !   C’est une nuit magnifique… les constellations… les éclairs de chaleurs qui flashent la nuit… et cette étoile filante… comme un clin d’œil de l’invisible…   Extrait du recueil : « Assis dans une Brouette »…

Étagères

  Étagères le potager et le verger en bocaux.   Extrait du recueil : « Assis dans une Brouette »…

Tu Es Moi

Sous la pluie incessante et multicolore de l’éveil, j’ai parfois l’envie de déserter… oubliant que je dois apprendre, comprendre, accepter que tu es moi… tout comme ces colombes aux ailes mélodieuses qui tressent, en se moquant de nous, les lèvres de nos cœurs. Qu’importe le sable des jours et la mer du temps à celui qui fleurit son présent et baigne ses yeux dans la beauté du monde. Désormais, je sais que tu n’es plus la Salomé de jadis, mais mon sourire secret…   Extrait du recueil : « En Silence »...

Retrouvailles

Retrouvailles plus de baisers que de mots.   Extrait du recueil : « L’Ombre du Héron »…

Mazarino Mazarini

(Bout de nuit) Je me trouve avec des amis à l’extérieur d’un centre commercial qui est aussi mon lycée. Ce n’est pas en France – je crois que l’on est aux États-Unis. Ça va être l’heure de rentrer en classe, je suis mes camarades ; une femme-policier me barre alors le passage et demande ma carte ; je la lui tends ; elle me dit alors : « Monsieur Powell, vous n’avez plus le droit de venir au lycée !… Regardez, vous avez eu 13 avertissements ! ». Ce nom de Powell me trouble, mais bien que j’aie conscience que je m’appelle Bouzou, il me semble en effet que Powell est un autre de mes noms. Je regarde ma carte, sur les treize cases, il y a bien, en effet, quelque chose de griffonné. Cela m’étonne quand même beaucoup. Je me sais dissipé et rebelle, mais 13 avertissements, je trouve ça un peu fort de café. Je me dis qu’ils ont dû se tromper. Je proteste et tente de passer en force, en gueulant qu’on n’a pas le droit de me virer comme ça de l’é...

Haïkus de Gare

Gare de Hyères avec un balai et une serpillière j’apprends l’humilité.   *   La propreté — Encore un bel exemple d’impermanence !   *   Salle des pas-perdus des voyageurs ne restent que des empreintes.   *   Quai numéro un la vieille dame un ours en peluche dans son sac.   Extrait du recueil : « De Jour comme de Nuit »…

Le Soleil de tes Désirs

Nez collé contre la vitre des hésitations, tu essaies de chevaucher mon cheval nuageux… et ton rire enfantin effeuille la prairie de mes nuits. Au fur et à mesure, mes lettres, couleurs et notes découpent le grillage des doutes et peurs pour libérer le soleil de tes désirs. Je te promets que ce si long silence, dont tu as cousu les lèvres, rendra l’âme… notre âme… encore plus belle… Alors, tu m’apprendras le feu sacré et le grain nocturne de ta peau… quand moi, je t’enseignerai la tendresse satinée du plaisir…   Extrait du recueil : « En Silence »…

Nuit d'Été

Nuit d’été des flammèches volent – lucioles.   Magnifiques ces lucioles voletant de buisson en buisson. Comment ne pas croire aux fées lorsque l’on a un cœur d’enfant ?!…   Extrait du recueil : « Assis dans une Brouette »…

Never Grow Old

I had a dream… strange, it may seem… It was my… perfect day.. Depuis trois jours, j’écoute en boucle, Dolorès O’Riordan, chanter Never grow old… Je crois que je suis tombé amoureux de sa voix…   Ce n’est pas la première voix que j’aime… et ce ne sera pas la dernière !… Il y a eu entre autres… la voix de petit oiseau de Kate Bush (Wutering Heights) , les voix cassées de Bonnie Tyler (It’s a heartache) et de Kim Carnes (Bette Davis Eyes) , la voix pure de Sinéad O’Connor (Success has made a failure of our home), les voix chaudes et douces de Barbra Streisand (The way we were), d’ Ella Fitgerald (How deep is the ocean ?) et d’ Ellen Merill (Summertime), les voix colorées de Whitney Houston (I will always love You) et de Mariah Carey (I’ll be there), la voix mélancolique de Linda Ronstatd (Blue bayou), la voix lyrique et ô combien excentrique de Nina Hagen (Herrmann hies er) , les voix sensuelles d’ Annie Lennox (Why) et de Carole Laure (To know...

Ingrats

Ce sont des ingrats. Ho, ça oui, pour sûr !… Vous les créez ; vous leur donnez un passé, des blessures, des désirs, une vie – et même une éternité – mais cela ne leur suffit pas… Ils en veulent toujours plus… Ah, je vous jure, un jour, ils me tueront !   Mes personnages se sont révoltés. Le meneur de cette mutinerie, c’est Pascal ; il me reproche le fait qu’il ne soit pas un véritable héros : un homme beau, intelligent, courageux et immensément riche ; j’ai essayé de le raisonner, en lui expliquant que ce que j’écrivais, était ancré dans le quotidien, que mes héros étaient des gens simples, mais il n’a rien voulu savoir. Il a réussi à monter les six autres protagonistes de la nouvelle contre moi ; même Jean, personnage récurrent, que j’emploie déjà depuis six récits, me fait la tête. Ils viennent même de créer leur syndicat : le GIPN. (Groupement d’Intérêt des Personnages de Nouvelles) et se sont mis en grève – sans préa...

La Voie du Milieu

La voie du milieu ne m’intéresse plus l’heure de la retraite n’a pas encore sonné   J’ai envie d’être tout fou, sage, ivrogne, poète, mendiant, puissant, goutte de pluie, chat errant, moine-clochard, amoureux   Des souffrances les plus atroces aux bonheurs les plus fous je veux tout éprouver   Ô Roue… tu n’as pas fini de tourner !   Extrait du recueil : « Yeux Fermés »…

Le Petit Pointillé

Après une enfance parsemée de bons points après une ligne de conduite irréprochable après avoir fréquenté les grands espaces le petit pointillé vient de faire le point sur son passé, il a décidé de tirer un trait.   Extrait du recueil : « Yeux Fermés »…

Dieu Est Fou

— Tu vois, mon bon Saint Pierre, l’humanité me déçoit ! — Oh, pourtant le bien n’est pas tout à fait mort, mon Dieu ! — Partout je ne vois que guerre, violence, cupidité… — Et folie aussi, Seigneur !… Regardez donc ces gens dans le parc, z’ont vraiment l’air cinglé ! — Eh oui, tout va très mal… Satan doit être aux anges ! — Et si nous leur envoyions à nouveau quelqu’un… histoire de les remettre sur le bon chemin, ô Tout-Puissant ! — Un prophète ? — Non, votre fils ! — Jésus ?!… Ça va pas, Saint Pierre ?!… T’as pas vu ce qu’ils lui ont fait la dernière fois ?!… Et puis Jésus, je préfère le garder pour le grand final. — Pourtant mon Dieu, il jouit d’une grande popularité, je suis sûr qu’il pourrait faire des miracles ! — Non, j’ai dit non, Saint Pierre ! — Et si on leur envoyait Jean ? — Jean ?… Jean le Baptiste ?… Tu es fou ou quoi...

Bruissement d'Ailes

Bruissement d’ailes une pie et une tourterelle se disputent   Avec la bêche, je retourne le jardin des lombrics gras et nerveux découvrent le bleu délavé du ciel d’hiver la terre est noire, j’en prends une poignée tout y est… le gras du compost la légèreté de la tourbe et l’âpreté de la cendre   Je pense à Élan-Noir au cercle de la vie à cette terre que je nourris aujourd’hui et qui dans quelques mois, me nourrira   La tourterelle fuyant le cyprès se pose sur un toit voisin le cri désagréable de la pie retentit dans le quartier.   Extrait du recueil : « Yeux Fermés »…

Cette Nuit de Printemps

(Sonnet et récit de rêve)   Cette nuit de printemps où j’ai rêvé de toi ; Malgré le temps passé, nous n’avions pas changé ; Dans nos mains enlacées, a de nouveau coulé Comme un flot de couleur, de douceur et d’émoi. Dans les rues, le métro, le bus et le train, Mille et une questions, je t’ai alors posées, Pourquoi nous sommes-nous donc, un jour, éloignés ? Était-ce vraiment là, pour nous deux, le destin ? Voilà donc la magie que l’on dit éternelle ! Celle qui rend nos nuits bien plus douces et belles, En déterrant l’amour des strates du passé. Souvenirs remisés, écriture et désir, Avez-vous donc voulu ainsi nous réunir ? — Si oui, très chers amis, soyez-en remerciés !   Est-ce dû au fait que durant la journée, j’avais repensé à elle, me disant que, hormis ses yeux gris-bleu et ses taches de rousseur (caches de douceur), j’étais bien incapable à ce jour, après tant d’années, de me rappeler son visage… ou est-ce...

L’Étang de la Vieille Fée

(Extrait des contes du Monde d’Allan Vair)   C’est l’étang, gardien de la vieille fée Qui lui avait donné ce magnifique gâteau En lui disant :   « Ma belle, ce gâteau est un gâteau enchanté… Cache-le dans une bague que tu confectionneras Offre-la à un prince… Et si ce dernier ne s’aperçoit de rien Et porte le gâteau à son annulaire Il sera aussitôt changé En crapaud charmant. »   Le charme opéra Et c’est ainsi Que la​ petite crapaude Fit d’un prince vagabond Quelque peu distrait, Le plus beau des crapauds charmants   Ils se marièrent, Vécurent heureux Et eurent beaucoup de petits têtards.

L'Enfant-Dieu

Est-ce dû à ma traversée du pays obscur ?… Aujourd’hui, même mon ombre rayonne… En apprenant à désapprendre, j’ai retrouvé et libéré des geôles de l’âge de raison, l’Enfant-Dieu, lâchement abandonné, recroquevillé dans un duvet de rêves oubliés. Son sourire sibyllin enveloppe mon monde d’une bulle de douceur, et les pétales de ses iris parfument mes yeux d’étoiles énamourées. Insatiable, dans un rire cristallin, il dévore toutes mes peurs, et transforme chacun de mes doigts en magicien…   Extrait du recueil : « En Silence »…

Dans la Gangue de ton Yang

Dans la gangue de ton yang, la bille fine de mon yin fait des entrechats… et dans le terreau de nos souvenirs, une renaissance affamée de joie déchire sauvagement la peau de chagrin des années passées. À mi-chemin, dans le no man’s land du Checkpoint Charlie barbelé de nos egos, je t’attends pour abattre ensemble à coups de révélations, baisers et sourires, les ultimes vestiges du mur de nos peurs, fiertés et trahisons…   Extrait du recueil : « En Silence »…

Jeter l'Encre

Au beau milieu de la feuille j’ai jeté l’encre.   Extrait du recueil : « De Jour comme de Nuit »…

Pleine Lune

Ce soir la lune est pleine – moi aussi !   Extrait du recueil : « De Jour comme de Nuit »…

La Piste des Plumes

En suivant la piste des plumes j’ai trouvé ma chatte.   Extrait du recueil : « De Jour comme de Nuit »…

Sur un Éperon Rocheux

Sur un éperon rocheux dominant la vallée debout, yeux fermés et bras en croix je suis la figure de proue d’un vaisseau aux mâts innombrables.   Extrait du recueil : « Assis dans une brouette »…

Marcher

Marcher sur d’autres chemins, Loin du bruit et du béton Jusqu’à me noyer Dans l’horizon sauvage de ma folie   Et que le levain des rêves Me lève, m’élève et me réveille En un autre ailleurs,   Meilleur Où l’ombre de la joie Est encore de la joie ; Où les silences sont des cascades de paix.   p>Là, où se sont réfugiés À jamais,   Mes sourires d’enfant.

La Pluie Est Venue

La pluie est venue puis, plus doucement, la brume des montagnes ne demeurent que des crêtes fantômes dentelées de silhouettes d’arbres réfugié sur le pas-de-porte avalant par petites gorgées du thé bien chaud je regarde le brasero mourir à petit feu l’odeur de la forêt est de plus en plus enivrante le ciel gronde un premier éclair puis la foudre tombe si proche qu’elle me fait sursauter j’ai du thé, partout…   Extrait du recueil : « Assis dans une Brouette »…

Je me Promène

Je me promène dans une église où les dalles sont des pierres brutes où les piliers sont des chênes, des mélèzes et des châtaigniers où les autels sont des murs moussus de pierre sèche où le plafond est un damier de feuillage et de ciel où les tapis sont de feuilles mortes où je ne suis pas un pêcheur – mais un être de joie.   Extrait du recueil : « Assis dans une brouette »…

Cinéma Africain

L’Afrique, ce sont mes premiers pas, mon enfance et aussi mes premières sorties au cinéma. Mon Dieu, quel bonheur était-ce de me retrouver dans cette salle ! Tout le monde était heureux, prêt à passer une excellente soirée et l’émotion était tout autant sur l’écran que dans la salle captivée et réactive à tout ce qui se déroulait… Ainsi, le baiser final, entre les deux personnages d’une romance, se déroulait assurément sous un tonnerre d’applaudissement et jamais je n’ai aussi ri et entendu rire de ma vie dans un cinéma que lors de la projection du film : « Les Grandes Vacances » dans cette salle… Et jamais, je n’ai pu oublier le goût et les jolies couleurs de bonbons achetés aux marchands ambulants durant l’entracte. Afrique, tu me manques !   Extrait du recueil : « Mini-Malles, Instants d’Années »…

Fanny

Plusieurs fois j’avais observé ce rituel. À la fin d’une partie de boules, éclataient rires et moqueries de toutes sortes… puis les hommes criaient : « Fanny ! Vous êtes Fanny !… On a gagné ! Ils sont Fanny ! »… Un homme partait alors, en courant vers le bar pour en revenir peu de temps après, portant sous le bras, une sorte de planche recouverte d’un tissu noir. Un cérémonial commençait alors. Les vaincus, même s’ils étaient moins de vingt, se mettaient alors en file indienne devant le porteur de planche – et parmi eux souvent Papa… Ensuite, chacun à leur tour, ils levaient le voile noir, embrassaient la planche sous les quolibets et rires des vainqueurs. Ceci dit, eux aussi riaient de bon cœur. À chaque fois que j’essayai de m’approcher pour voir et surtout comprendre la cause de cette hilarité générale, ils m’éloignaient en riant de plus belle. Un après-midi où il n’y avait pas grand monde, je passai derrière le comptoir, fouillai et trou...

Nuit de Brouillard

Nuit de brouillard dans la montagne, les villages – des escadrilles.   Le brouillard est venu soudainement, je ne vois même plus le cerisier – qui n’est pourtant qu’à quatre mètres du brasero… Les montagnes ont disparu… le ciel est partout… Les lumières des villages de Roure et de Rimplas semblent flotter autour de moi. C’est un sentiment étrange, angoissant et… mag(nif)ique…   Extrait du recueil : « Assis dans une brouette »…

Ça Va Bientôt Commencer !

(Récit de rêve)   Je me réveille et suis agréablement surpris. Une très jolie fille vêtue d’une robe de chambre en satin marron est allongée et accoudée sur le lit à ma droite. Elle m’observe. Je me dis qu’elle devait me regarder dormir. Je ne la connais pas, mais elle est très belle, brune avec des cheveux mi-longs et une bouche rouge-cerise. Je m’aperçois que son sein gauche sort de sa robe de chambre. Mon regard s’attarde sur ce sein que je trouve d’une extraordinaire beauté. Mes yeux reviennent sur son visage ; elle me sourit et dit : « Ça va bientôt commencer ! »… Je suis dans un groupe de personnes assises ; un demi-cercle de filles fait face à un demi-cercle de garçons. Je devine que c’est un jeu. Elles nous regardent, parlent entre elles, nous dévisagent, nous désignent du doigt et rient. C’est une sorte de quart-d’heure américain. Une sonnerie retentit, je me retrouve debout mais en dessous du plateau où nous nous trouvions...

Je Pense Quelquefois

Je pense quelquefois à cet homme si désespérément amoureux de cette femme qu’il portait constamment sur lui son parfum à cet homme qui pour l’oublier s’était enfui à l’autre bout de la France à cet homme qui était devenu un ivrogne à cet homme qui pensait être le plus malheureux au monde à cet homme qui ne voulait plus vivre à cet homme qui jouait un rôle que d’autres jouèrent, jouent et joueront à cet homme que je ne suis plus…   Extrait du recueil : « Assis dans une Brouette »…

Après Deux heures de Train

Après deux heures de train et une heure et demie de car je retrouve le chemin de l’Île-Montagne balisé par les châtaigniers en fleurs et les cris des merles bien que mon sac soit lourd mon pas est léger quelques clapotis m’annoncent le ruisseau qui ensuite se fait vivement entendre sac à terre et mains en conque je bois et me rafraîchis le visage cet endroit est pour moi comme le bénitier des églises le palier des maisons à nouveau en charge malgré la pente plus raide les ravines et les éboulis je parcours les trois cents derniers mètres en courant je suis l’enfant qui déchire l’emballage d’un cadeau que vais-je retrouver ? dernier tournant… …et ma bergerie apparaît sur fond de cerisiers blancs et de ciel bleu cobalt…   Extrait du recueil : « Assis dans une Brouette »…

Le Soir fait Place à la Nuit

Le soir fait place à la nuit dans le bois voisin des sangliers grognent du village plus bas me parviennent les aboiements d’un chien en face de moi, les lumières du village de Roure au-dessus celles des étoiles assis dans une brouette près du brasero les mains tendues devant moi paumes vers le bas, au-dessus des flammes je médite sur le long chemin qui m’a conduit jusqu’ici au Counorgio dans la Montagne Froide.   Extrait du recueil : « Assis dans une Brouette »…

Esther

Son cœur bat la mesure des mondes que j’aime, Et sous mes paupières endolories par tant de souvenirs, Je murmure du bout des rêves en versant des larmes Sur les pétales des images que le passé agite.   Oh, je me souviens d’elle, marchant le long des nuages, Majestueusement drapée dans le silence bleuté de l’indifférence ; Sous chacun de ses pas, naissaient des oasis de roses Et les grains des jours glissaient joyeusement entre ses doigts.

Dimanche

Le dimanche en fin de matinée, je venais bien souvent passer un petit moment à la boulangerie. Mon arrière-grand-Mère : Mémé Gâteaux découpait dans l’arrière-boutique des pâtes, raviolis ou, en bonne Italienne qu’elle était, préparait des gnocchis pendant que ma grand-mère et ma tante servaient une foule de clients au comptoir. Les gens venaient chercher dans la boulangerie, plus que du pain. L’amitié était présente. Ma grand-mère et mon arrière-grand-mère avaient toujours un mot gentil pour chacun. Tout le monde se parlait, racontait des nouvelles. C’était un lieu de partage. Mémé Li (abréviation enfantine de Mémé Louis) ma grand-Mère que l’on appelait aussi Yo (Yolande étant son prénom), noircissait avec ferveur de nombreuses feuilles de papier avec son stylo-bille. Elle adorait compter, additionner, préparer les paquets de gâteaux et surtout… communiquer. Je l’ai toujours vue travailler en souriant. Une vraie commerçante ! Vers midi ou midi-trente, la boutique et les...

Soir d'Été

Les cyprès faisaient danser leur flamme dans les yeux des femmes Et les chansons oubliées, éclairaient la soirée, d’un halo bleu. Serrés autour de la table, comme en ces jours de pierre et de bronze Tous souhaitaient retrouver ce temps imaginé et banni par leur croyance, Et la Terre ne songeait qu’à redevenir le berceau moelleux et aimé du Monde.   Entre les bouteilles d’où s’écoulaient joie, caresses et rires, Tu marchais alors, majestueuse, dans le vent parfumé des cigales, Le regard envolé sur les horizons lointains des rêves ensevelis ; Et le galbe de ces heures en pente douce, illuminait ton corps D’une lumière aux reflets d’émeraude et de rose des bois.   Extrait du recueil : « De Jour comme de Nuit »…

Le Jardin-Hôpital

(Récit de rêve)   Je suis dans un jardin bordé d’une allée empierrée. Cela ressemble beaucoup à la petite propriété de ma Mère : « Le Roc Fleuri », située sur la colline près du vieux château d’Hyères. Il y a des sillons. Je sais que c’est moi qui les ai creusés. Soudain, des plantes sortent du premier sillon. Elles se développent sous mes yeux pour donner de très belles fleurs. Je pense : « Ça, c’est vraiment magnifique ! ». Des fraisiers apparaissent et donnent des fraises énormes. Sillon après sillon, le jardin se transforme. C’est une vague de couleurs. Cela va à une telle vitesse que je suis obligé de me reculer pour pouvoir continuer à observer. La terre se transforme en moquette et l’allée en dallage, mais les fleurs et les fruits sont toujours présents. Le jardin est devenu une pièce d’hôpital. Des aides-soignantes mettent des lits de malades sur la moquette au-dessus des fleurs. Je trouve ça très bien. Elles me regardent et me souri...

Robin du Cameroun

Cette année-là, le Père Noël m’avait apporté une panoplie de Robin des Bois. Tout comme moi, il devait sûrement aimer les films hollywoodiens – et surtout Errol Flynn… En pleine canicule, je me promenais en collant vert et boléro de cuir ; le village de mes fidèles outlaws était quant à lui, fait de cases en terre séchée… et ma Forêt de Sherwood, plantée de baobabs et de flamboyants…   Extrait du recueil : « Mini-Malles, Instants d’Années »…

Le Musée

Pour savoir qu’un verre était de trop, encore faut-il l’avoir bu. Georges Courteline   Après un déjeuner copieusement arrosé où avec ses amies, elle avait fêté le départ en retraite d’une consœur elle était revenue s’asseoir dans sa salle en attendant l’ouverture du musée. Au bout d’un moment elle aperçut accrochés aux cimaises en lieu et place des tableaux de Picasso, Braque et de tous les autres cubistes dont elle était la gardienne des pastels de danseuses, de chevaux et de scènes de maisons closes. Reconnaissant aussitôt les œuvres d’Edgar Degas elle comprit alors qu’elle s’était trompée de salle.   MORALITÉ : Un verre, ça va… trois verres… bonjour les Degas !   Extrait du recueil « Yeux fermés »...

Je t'Invente

Je t’invente Et tu tournes joyeuse et joueuse Autour des nuages Dessinant de tes doigts ensoleillés Les colombes et palombes Qui envolent mon cœur   Je t’invente Et la Méditerranée autour du cou Tu deviens sirène et si reine Que les vagues et l’écume Ne pensent qu’à rejoindre Le palais de tes seins   Je t’invente Et le monde n’est plus…   Que toi.

Tes Pensées Irriguent mes Rêves

Tes pensées irriguent mes rêves… Sur la rampe de ton désir, nous glissons ensemble en riant pour venir admirer, dans ton salon, les poissons muraux que la musique de tes lèvres anime et colore de souvenirs… Oui, je te pardonnerai, Reine d’Épées, si tu me laisses prendre à mains nues les flammes de tes joues, caresser tes caches de douceur et embrasser tes jours, pour toujours…   Extrait du recueil : « En Silence »…

7 H 22

Après avoir fait sa toilette sur une chaise de la salle à manger, le chat repu a posé délicatement sa tête sur le bout de sa queue puis s’est endormi. Debout près de la fenêtre, à petites gorgées, je bois mon café en scrutant l’horizon. Le printemps s’empare du monde. Chaque jour, la verdure grignote à coups de feuilles, le bleu du ciel ainsi que la côte, au loin. Le littoral a presque disparu du panorama. Ne restent à présent qu’un petit bout de mer et quelques toits perdus.   Le goéland de 7 h 22 est pile-poil à l’heure. Sur les derniers mètres, comme à l’accoutumée, il se freine dans un grand bruissement d’ailes avant de se poser majestueusement sur le rebord de la fenêtre. Heureux, j’ouvre les vitres, le salue et le gratifie d’un : « Ça va, toi ? T’as bien dormi ? » auquel il me répond par son classique : « Pa ! Pa ! Pa ! » que j’interprète ce jour-là, par un : « Oui, merci et toi ? ». ...

Aimer

Aimer pour cimenter tout ce qui bouge en moi, Aimer pour les rouges vermillon et les carmins de garance, Aimer parce que beaucoup trop reçu et pas assez donné,   Aimer en papillon… ou en abeille,   Aimer…   …parce que je suis en vie.   Extrait du recueil : « Bleu »…

Faire-Part

Au nom de la Sainte Éthique, Et ce, en présence de Arthie Fissiel, Paul-Lee et Esther se sont mariés.   D’après ce que vient de me dire Arthie, Qui m’a appelé en PVC, Les jeunes mariés passeront leur nuit de noces Au Palace Tic.   Extrait du recueil : « Bleu »…

Désapprendre l'Homme

Désapprendre l’homme Pour retrouver l’enfant,   Ne plus jamais le chasser — Mais l’enchâsser.   Extrait du recueil : « Bleu »…

Ballade de Vie en Vie

De vie en vie, je te retrouve, Entre nous beaucoup de karma, La roue tourne et l’amour couve, Il est bien loin, le Nirvana. Comment envisager sans toi, La félicité pour toujours, Ce sera pour une autre fois, Le temps n’efface pas l’amour.   Loin des mots et des couleurs Et de tout ce que j’ai créé, Il y a l’ombre de ton cœur Que partout l’on peut deviner. Ne pleure pas ô mon Aimée, Que ton chagrin ne soit point lourd, Je te promets, je reviendrai, Le temps n’efface pas l’amour.   D’aucuns disent et c’est tant pis Que tes yeux m’ont fait prisonnier, Que pour toi, j’ai gâché ma vie Et que je me suis égaré. Pourquoi aurais-je des regrets, Tu illuminas mon séjour Et lorsque l’on a tout donné, Le temps n’efface pas l’amour.   Princesse, souffre cet hommage, Aujourd’hui sont comptés mes jours, Je te laisse pour seul message : Le temps n’efface pas l’amour.   Extrait du recueil : « Bleu »…

Sauvage Agression

Il était 12 h 22 m, en ce jeudi quand Mme Tac (Tarte Au Citron) qui prenait l’air sur la table de la salle à manger, fut agressé sauvagement plusieurs fois, au couteau et à la pelle à tarte. Mme Tac a été rapidement admise dans l’unité de conservation (2e étagère) du Docteur Brandt… mais il semblerait, du fait de la gravité des blessures infligées – et de l’appétit de certains résidents de la villa – que ses jours soient comptés. D’après certains experts, il y a fort peu de chance qu’elle puisse passer le cap du samedi midi. Quant à l’agresseur… un homme de 49 ans, de race blanche… il a été appréhendé peu de temps après… non loin du lieu de son forfait… Il a justifié son geste, en prétendant que Mme Tac le narguait. Après de plus amples recherches, il apparaît que cet homme : Jean-Louis Bouzou, est un multi récidiviste bien connu de la BRGG (Brigade de Répression des Grands Gourmands)… qui aurait d’ailleurs, agressé, il y a moins d’une...